Interview de Zoé, gestionnaire d’agence et chargée d’exploitation dans la location de matériel TP

Interview de Zoé, gestionnaire d’agence et chargée d’exploitation dans la location de matériel TP

Après un bac STMG puis un DUT GEA à l’IUT d’Annecy, Zoé VIOT a construit un parcours fait d’expériences, de remises en question et d’opportunités saisies au bon moment. Entre recrutement, ressources humaines et gestion d’exploitation, elle a finalement trouvé un métier qui lui ressemble, au croisement de l’administratif, de la relation client et de l’organisation. Aujourd’hui, elle est gestionnaire d’agence dans la location de matériel de travaux publics, et elle revient sur son parcours, l’importance du réseau et la nécessité d’oser pour trouver sa voie.

Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je m’appelle Zoé VIOT. Après le lycée, j’ai obtenu un bac STMG avec une spécialisation en comptabilité. C’était assez naturel pour moi de poursuivre ensuite en DUT GEA à l’IUT d’Annecy, puisque cette formation complétait parfaitement ce que j’avais déjà appris au lycée. J’ai intégré le DUT en 2019 et j’ai été diplômée en 2021 avec l’option comptabilité. 

Après mon DUT, j’ai choisi de faire une année sabbatique. Je suis partie en Irlande pour voyager et améliorer mon anglais. À mon retour, j’ai intégré une licence professionnelle en gestion des ressources humaines à Lyon, en alternance dans un cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers du tertiaire. À la fin de cette alternance, j’ai été embauchée dans une société de consultants en informatique en CDI comme chargée de recrutement. J’ai travaillé quelques années dans ce domaine, notamment comme consultante en recrutement. Finalement, j’ai décidé de quitter Lyon pour revenir en Savoie. J’ai continué quelque temps dans le recrutement, mais je me suis rendu compte que la partie commerciale du métier ne me correspondait pas du tout. 

Aujourd’hui, j’occupe un poste complètement différent, mais qui correspond finalement à ce que je voulais faire dès le départ. Je suis gestionnaire d’agence et chargée d’exploitation dans une entreprise de location de matériel de travaux publics.

En quoi consiste le métier de gestionnaire d’agence et chargée d’exploitation ?

Je travaille dans une agence spécialisée dans la location de matériel TP, comme des mini-pelles, des compacteurs ou encore des compresseurs. Mon rôle est très polyvalent et touche à toute la gestion administrative et opérationnelle de l’agence. Je m’occupe de la gestion des contrats, de la facturation, des commandes et du suivi administratif des locations, de l’entrée jusqu’à la sortie des machines. Je gère également tout ce qui concerne la relation client, les reports.

Je touche aussi aux chiffres, même si ce n’est pas de la comptabilité pure. Je fais notamment du lettrage, des relances ou encore du recouvrement. Je m’occupe également des factures fournisseurs en interne.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Ce que j’apprécie particulièrement dans ce métier, c’est qu’aucune journée ne se ressemble. Il y a toujours quelque chose à faire, des dossiers à suivre, des processus à améliorer ou de nouveaux outils à mettre en place. Par exemple, nous travaillons actuellement sur un logiciel de signature à distance pour simplifier la gestion des contrats. J’aime savoir que je vais avoir des missions variées dans la journée et ne pas répéter constamment les mêmes tâches.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Je pense qu’il faut avant tout être organisé et impliqué. Dans mon métier, il y a énormément d’informations à gérer en même temps. Une machine entre, une autre sort, il faut anticiper les disponibilités, gérer les plannings et suivre les dossiers administratifs. Il faut aussi comprendre rapidement les situations et être capable de s’adapter vite. La planification est essentielle, tout comme la capacité à gérer plusieurs sujets en parallèle. Je dirais également qu’il faut être curieux et réactif. Quand on travaille dans ce type d’environnement, on apprend énormément sur le terrain et il faut savoir assimiler rapidement de nouvelles informations.

Quel a été votre plus grand challenge professionnel ?

Le plus grand défi pour moi a clairement été de trouver ma voie. J’adorais les ressources humaines et je voulais vraiment travailler dans ce domaine, notamment sur des missions plus généralistes liées à l’administration du personnel ou à la paie. Mais le secteur est très fermé et je me suis rapidement retrouvée enfermée dans des postes de recrutement.

Or, dans les cabinets de recrutement, il y a une forte dimension commerciale. On passe beaucoup de temps à prospecter, à chercher des clients et à vendre des prestations. Et je me suis rendu compte que ce n’était pas ce qui me convenait. Le véritable challenge a donc été d’oser sortir de cet engrenage pour aller vers quelque chose qui me ressemblait davantage. Aujourd’hui, j’ai finalement trouvé un métier dans lequel je retrouve certains aspects des ressources humaines, mais appliqués à la gestion et à l’exploitation.

Selon vous, comment trouve-t-on sa voie ?

Je pense qu’il faut tester des choses et rester curieux. On ne peut pas savoir ce qui nous plaît réellement si on ne se donne pas la possibilité d’essayer.

Il faut aussi accepter que son parcours ne soit pas linéaire. Pendant longtemps, je pensais que je devais absolument rester dans les ressources humaines parce que c’était mon domaine d’études. Finalement, j’ai compris qu’on pouvait évoluer autrement.

Aujourd’hui, l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle est devenu essentiel. Trouver sa voie, c’est aussi trouver un métier dans lequel on se sent bien au quotidien.

Dans mon cas, ce n’est pas un hasard si je suis arrivée dans ce secteur. Lorsque je travaillais dans le recrutement, je recrutais justement des profils qui occupaient ce type de poste. En discutant avec eux, en découvrant leur quotidien et leurs missions, je me suis rendu compte que cela pouvait réellement me correspondre.

J’ai finalement osé postuler, même en ayant l’impression de ne pas avoir toutes les compétences demandées. Et au final, cela a fonctionné.

Quelle importance accordez-vous au réseau professionnel ?

Le réseau est extrêmement important. Même aujourd’hui, je constate à quel point il peut ouvrir des portes.

Quand j’étais dans le recrutement, j’ai réussi à aider plusieurs connaissances à trouver un emploi. Et de mon côté, certaines opportunités se sont aussi présentées grâce à des personnes rencontrées pendant mes études ou dans mes expériences professionnelles.

Par exemple, je donne aujourd’hui quelques cours de recrutement à l’IUT d’Annecy. C’est une ancienne professeure, Sandra DUBOULOZ, qui m’a recontactée via LinkedIn pour me proposer cette opportunité.

Cela montre à quel point il est important d’entretenir son réseau et de garder contact avec les personnes rencontrées tout au long de son parcours. LinkedIn joue aussi un vrai rôle aujourd’hui. Avoir un profil à jour et bien construit peut réellement faire la différence.

Pourquoi avoir choisi l’IUT d’Annecy et quels souvenirs gardez-vous de l’USMB ?

J’avais hésité entre Grenoble et Annecy, mais l’IUT d’Annecy avait une excellente réputation en GEA. Et puis, venant de Savoie, Annecy restait proche des montagnes. Je garde un très bon souvenir de mes années à l’IUT, même si une partie de mon cursus s’est déroulée pendant le Covid. Le cadre était exceptionnel. Je me souviens encore des trajets le matin avec la vue sur le lac. Au-delà du cadre, ce que je retiens surtout, c’est l’accompagnement. Nous étions dans un établissement public, mais avec un vrai suivi humain. Les enseignants étaient accessibles et investis. Aujourd’hui encore, je suis les actualités de l’IUT sur les réseaux sociaux et je vois que beaucoup de choses continuent d’être mises en place pour les étudiants.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants et futurs diplômés ?

Le mot qui résume le mieux mon conseil, c’est oser.

Il faut oser prendre une année sabbatique si on en ressent le besoin. Oser changer de poste quand on ne se sent plus à sa place. Oser utiliser son réseau et contacter des personnes pour se présenter. Je pense qu’on a parfois peur de déranger ou d’être jugé, alors qu’en réalité beaucoup d’opportunités naissent justement grâce à ces prises d’initiative. Il ne faut pas non plus avoir honte de changer de direction professionnelle. Ce n’est pas un échec de se rendre compte qu’un métier ne nous correspond pas.

Enfin, je conseillerais aux étudiants de rester ouverts et curieux. Le monde professionnel est beaucoup plus petit qu’on ne le pense et les rencontres peuvent réellement transformer un parcours.

Avez-vous une anecdote marquante à partager ?

Ce qui me marque le plus aujourd’hui, c’est de retrouver dans le monde professionnel des personnes avec qui j’étais en cours. Quand je travaillais dans le recrutement, il m’est arrivé d’avoir en entretien une ancienne camarade de promotion. J’ai également aidé plusieurs connaissances à retrouver du travail. Je trouve ça assez incroyable de voir à quel point les parcours peuvent se recroiser des années plus tard.

Aujourd’hui encore, dans mon poste actuel, je travaille avec des personnes que je connaissais déjà auparavant. Cela montre bien que le monde professionnel est petit et que les relations que l’on construit tout au long de ses études et de sa carrière sont précieuses.

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